Christian Broise Impressions pigmentaires

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Il est souvent bien difficile  de mettre en harmonie des concepts de sémiologie  et une pratique artistique que l’on  cherche (raisonnablement) à éclairer.

Le travail sur le cliché (qu’il soit numérique ou non)  est-il une des voies qui permet de donner à la photographie sa vraie place?

Il permet en tout cas d’échapper à ce sentiment que  donne très souvent une (bonne) image photographique de ne pas être en mesure de dire autant qu’une (bonne) peinture : sans doute à cause de son fort pouvoir indiciel . … montrer n’est pas représenter.

Si l’on adopte ce point de vue , il ne convient plus  de situer la photographie en position de strict face à face avec  une peinture .

Elle n’est plus alors qu’un matériau, au même titre que la couleur que le peintre broie, fait broyer ou achète en tube, que la terre que le sculpteur modèle , que la pierre ou le bois  que d’autres taillent.

Comme tous les  matériaux , elle dicte ses lois avec lesquelles on joue, mais toujours à l’intérieur de certaines limites. La spécificité de l’image photographique, c’est  probablement son caractère indiciel. Même retravaillée au point de perdre une plus ou moins grande partie de sa liaison directe avec les objets du monde, et perdre en reconnaissabilité,  elle reste imprégnée  par le lien particulier qu’elle entretient avec des objets dont l’image aura été plus enregistrée que reproduite.

Et il y a  quelque chose de troublant à travailler cette pâte là. C’est comme si on essayait d’arracher à l’eau du monde, des clichés, comme des bois flottés , qui une fois assemblés, retravaillés et érigés, diront la berge, la terre enfin émergée, sur laquelle on peut reprendre pied, installer un langage.

Quelle différence  alors entre le peintre qui travaille ses couleurs, le sculpteur se rendant à la carrière pour choisir son bloc de pierre, et l’artiste muni de ses machines à enregistrer des images?

L’image photographique, une icône, une image, un symbole ?  De toutes façons, ce n’est que le négatif , la pierre lithographique, la plaque de cuivre, la soie d’une oeuvre à venir .

C. Broise

Lire également l'excellent texte de Fabien Claude